Une nouvelle reconnaissance nationale

0

Lac-Beauport est reconfirmé comme Centre d’entrainement national en vue des Jeux olympiques de Tokyo, en 2020. L’entraineur Frédéric Jobin, à la tête du Club de canoë-kayak de Lac-Beauport pendant 19 ans, sera dorénavant l’entraineur-chef de l’équipe nationale pour l’ensemble des épreuves masculines.

« C’est l’aboutissement de plusieurs années de développement pour le Club », explique George Delisle, président du Club de canoë-kayak Lac-Beauport ( CCKLB ). L’organisation de Lac-Beauport était depuis trois ans le Centre national d’entrainement olympique, mais seulement pour la distance de 200 mètres chez les hommes.
Des séances spéciales sont déjà prévues au programme du Club afin que les jeunes sportifs évoluant à Lac-Beauport aient l’occasion de pratiquer avec les athlètes formant l’équipe nationale. Anna Roy-Cyr, Ryan Cochrane, Pierre-Luc Poulin et Hugues Fournel font partie de ce lot d’athlètes de haut calibre s’entrainant à Lac-Beauport.
« Les jeunes du CCKLB voient ce qui se passe. Des athlètes du Club sont sur l’équipe cette année et ça leur donne l’impression qu’ils vont pouvoir faire ça eux aussi », ajoute George Delisle, président de Canoë Kayak Canada par le passé.
C’est une annonce qui est prestigieuse pour le Club, la région et la municipalité de Lac-Beauport », précise M. Delisle. Selon ce dernier, il s’agit, pour les jeunes qui commencent et qui voient ces athlètes s’entrainer à Lac-Beauport, d’une « opportunité unique » d’apprendre de la façon de s’entrainer et de l’intensité qu’ont ces athlètes d’exception.

Des athlètes bien entourés
Le président du CCKLB n’a que des bons mots pour l’entraineur Frédéric Jobin. « Ses résultats par rapport aux autres et sa rigueur dans l’application de son programme d’entrainement sont impressionnants. »
Frédéric Jobin est diplômé de l’Université Laval et y a obtenu un baccalauréat en sciences de l’activité physique. Il a également complété une formation en physiothérapie à l’Université de Montréal. Il a entrainé quelques-uns des meilleurs athlètes du canotage canadien, dont Mark DeJonge, médaillé de bronze aux Olympiques de 2012 et médaillé d’argent aux Championnats du monde de 2013 en K1 200m. Il a été entraineur de Caroline Brunet de 2001 à 2004, période pendant laquelle elle a remporté une médaille de bronze olympique et cinq médailles aux championnats mondiaux.
Plusieurs athlètes de Frédéric Jobin ont participé aux essais nationaux les 23 et 24 juin derniers à Halifax. Beaucoup se sont classés pour les Championnats du monde comme Pierre-Luc Poulin, dans la catégorie des hommes de moins de 23 ans.
Le titre de Centre national d’entrainement permet aux athlètes d’obtenir une assistance considérable dans leur développement. Des services professionnels de nutrition, de conditionnement physique, ainsi que des soins prodigués par des physiothérapeutes sont offerts grâce à un partenariat avec le PEPS de l’Université Laval et le Centre Excellence Sportive Québec-Lévis.

Évolution du Club
Le CCKLB existe depuis 1988. Il était initialement affilié au Lac Saint-Joseph et au Lac-Sergent. Il est maintenant indépendant depuis plusieurs années et interagit directement avec Canoë Kayak Québec et Canada.
Lac-Beauport a été l’hôte des Championnats canadiens en 2001 et pancanadiens de 2005. Le CCKLB souhaite continuer à moderniser ses installations et ses équipements. Ses quais ont d’ailleurs été refaits grâce à un investissement de 80 000 $. Le Club a récemment obtenu une subvention pour rénover son parcours. Une équipe de bénévoles s’est activée à la préparation de ce dernier cet été.
Depuis 1994, le Club dispose d’un programme d’entrainement élite annuel avec un entraineur à temps plein. Frédéric Jobin a occupé cette fonction pendant 19 ans, alors que Luc Grenier est l’entraineur en chef actuel des athlètes de Lac-Beauport.
Le programme élite est présent chez beaucoup d’organisations, mais pas dans la majorité des 65 clubs situés au Canada. En fait, seulement une vingtaine d’entre eux offrent des programmes annuels.
Le recrutement des athlètes débute avec des programmes chez les plus jeunes. Ceux-ci sont initiés vers l’âge de 8 ans. Ils sont ensuite invités, à l’âge 15-16 ans, à évoluer dans le programme annuel, s’ils démontrent les aptitudes et l’attitude requises.
Le CCKLB compte sur une centaine de membres actifs. De ce nombre, une vingtaine prend part au programme d’entrainement annuel.
Contrainte climatique
L’hiver est une période allouée aux programmes de musculation et de ski de fond pour certains athlètes du CCKLB. Un camp d’entraînement en Floride est aussi offert aux athlètes évoluant au sein du programme annuel.
« Les athlètes d’ici sont un peu désavantagés par les températures puisque le Lac-Beauport ne calle jamais avant le mois de mai, contrairement à la Nouvelle-Écosse où les conditions météorologiques annuelles permettent de commencer très tôt la saison », explique George Delisle. « Si tu veux avoir du succès, il faut s’entrainer toute l’année parce qu’il y en a qui le font dans d’autres pays », ajoute-t-il.

Aide gouvernementale
Les fédérations ne donnent pas d’argent à ceux qui ne sont pas sur l’équipe nationale. À l’échelle mondiale, le Canada se situe en milieu de peloton en ce qui concerne l’aide aux athlètes.
« C’est comme dans tous les autres sports. Ceux qui ont un brevet ça va pas si mal, mais c’est une minorité qui en reçoit », témoigne le président du Club de Lac-Beauport.
Un programme de soutien aux entraineurs qui font progresser des athlètes au sein de l’équipe nationale est disponible. Les sommes allouées par ce programme n’ont cependant pas été indexées depuis 1999. La même situation prévaut pour les athlètes sur l’Équipe du Québec, de niveau Élite et Excellence, qui reçoivent périodiquement des bourses.

Partagez

À propos de l’auteur

C’est avec grand plaisir que s’est joint Édouard à l’équipe de l’Écho du Lac, en 2016. Originaire de Lac-Beauport, ce journaliste est passionné par les questions d’enjeux publics. Il détient un baccalauréat en affaires publiques et relations internationales, une formation en droit, économie et politique. Édouard a également obtenu un certificat en journalisme décerné par le Département d’information et de communication de l’Université Laval. Il écrit aussi pour l’Adsum, le journal bimensuel de la communauté militaire de la région de l’est du Québec.