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La treizième édition du Mondial Acrobatx, avec sa triple programmation, du 25 au 27 août derniers, a attiré plusieurs milliers de personnes. De jeunes athlètes du Lac-Beauport se sont montrés dominants lors de cette compétition de ski acrobatique d’envergure internationale.

Le Mondial Acrobatx a commencé en force, le vendredi soir, avec le Mondial BigAir Pro et amateur. La finale de cette journée proposait une ronde éliminatoire avec seize athlètes professionnels. Au sommet de cette pyramide éliminatoire se sont affrontés, en formule deux de trois, le Canadien Antoine Poirier et l’Américain Brian Gardiner.

Alors que l’ambiance était à son comble, Gardiner a finalement eu le dessus sur son adversaire en effectuant une manœuvre fumante : un triple Cork 1620, l’un des sauts les plus techniques actuellement exécutés sur le circuit professionnel.

La joute du lendemain regroupait les athlètes olympiens en provenance du Canada, de la Russie, des États-Unis et du Japon. Les spectateurs ont pu, entre autres, apprécier la performance d’Olivier Rochon et de celles des deux frères Lillis.

La fin de semaine s’est conclue par les performances relevées de jeunes athlètes au Mondial junior. Rosalie Gagnon et Charles-Édouard Gagnon ont triomphé dans la catégorie des douze ans, tandis qu’Ashley Koehler et Thomas Gauthier-Renaud se sont montrés dominants chez les quatorze ans. Sandrine Vaillancourt et Mats Desautels ont quant à eux récolté les grands honneurs de la catégorie supérieure. « La beauté de l’évènement c’est de varier les disciplines. On s’est entrainée deux mois cet été en montant graduellement dans les gros sauts en entrainements », témoigne Mats Desautels, qui prendra bientôt part à un camp d’entrainement en Suisse, en prévision de la prochaine saison.

Nicolas Fontaine, médaillé olympique et champion de quatre coupes du monde consécutives par le passé, est l’entraineur de plusieurs de ces jeunes athlètes prometteurs. Le calibre de ces derniers l’impressionne. « Ils sont vraiment prêts pour cette compétition. Certains de ces jeunes réalisent, à seulement treize ans, des sauts que je faisais à l’âge de dix-sept ans, grâce à nos équipements et à notre Centre d’entrainement », témoigne-t-il au sujet de la relève.

L’entraineur rappelle cependant l’évolution rapide des multiples compétiteurs internationaux. « Les programmes de développement des Chinois et des Biélorusses sont complètement différents. Ils prennent en charge les jeunes dès l’âge de sept ans. Les parents n’ont pas à défrayer des coûts d’entrainement et de compétition. Ici, c’est une combinaison. On a un bon soutien du gouvernement du Québec, de la Fédération québécoise et canadienne, mais les parents doivent beaucoup s’impliquer et il faut que le jeune soit très motivé », relate Nicolas Fontaine.

« Le succès de notre relève va encourager les autres régions à réinvestir dans leur propre infrastructure, tout en créant un élan national », explique M. Fontaine, désireux de voir évoluer le ski acrobatique. « On aime mieux avoir de la compétition! Ça motive nos jeunes à se dépasser. Certains d’entre eux voient l’équipe américaine arriver à la compétition avec des jeunes très doués. Ça pousse les nôtres à aller plus loin », assure l’entraineur Fontaine.

La préparation mentale des jeunes de Lac-Beauport s’est déroulée rondement. « On leur a dit de rester calmes et de ne pas penser au résultat. Ils posent beaucoup de questions, mais on les ramène toujours au moment présent et à la technique qu’ils doivent adopter », spécifie leur entraineur.

Changements significatifs

Des ajustements considérables par rapport à la mouture précédente visaient à améliorer l’expérience des spectateurs présents. « L’année dernière, on ne savait pas à quoi s’attendre étant donné que c’était une première édition de soir. Nous avons maintenant beaucoup plus de lumière sur les sauts et une meilleure qualité de son pour les spectateurs », explique Guyaume St-Cyr Lachance, membre du comité organisateur de l’évènement.

Les services de deux animateurs, l’un à la description et l’autre à l’analyse, ont également été rajoutés. Certains auront remarqué plusieurs estrades supplémentaires. « Les gens sont beaucoup plus confortables », ajoute l’organisateur. Un groupe de musique, un kiosque alimentaire, ainsi qu’un bar ont complété l’expérience.

« L’organisation et l’ambiance sont vraiment incroyables cette année. Les athlètes donnent un bon spectacle et c’est gratuit pour toute la famille. On aime ça! », témoigne Alexandre Tremblay, l’un des spectateurs du Mondial Acrobatx.

Travaux effectués

D’importants travaux de réfection ont été exécutés l’année dernière sur les rampes. Un affaissement d’une partie de la structure était survenu l’hiver dernier, en raison du poids élevé de la neige. Il s’agit d’un investissement totalisant 100 000 $.

Selon Nicolas fontaine, la direction du Centre Yves Laroche analyse la possibilité de munir les trampolines de toits. « L’été c’est très chaud sans toit et lorsqu’il pleut on ne peut pas sauter », ajoute Nicolas Fontaine. Cette initiative pourrait aider à développer, à longueur d’année, le potentiel des athlètes.

Alors qu’il n’existe présentement que cinq rampes de saut comme celles de Lac-Beauport, et ce, à l’échelle mondiale, les gestionnaires du Centre Acrobatx souhaitent demeurer à l’avant-garde de leur sport. Grâce à une commandite de la Caisse populaire Desjardins de Charlesbourg à titre de partenaire, ils ont procédé à l’achat d’un coussin d’air géant permettant d’utiliser les rampes du Centre l’hiver venu. Le développement des athlètes peut donc maintenant se faire sans risque, même pendant la saison froide. Il s’agit d’une première mondiale.

Depuis les cinq dernières années, la fréquentation du Centre Acrobatx par des jeunes de la région s’est multipliée par dix. Le nombre d’entraineurs embauchés lors des camps d’été de ski acrobatique a plus que doublé, alors que les nouvelles inscriptions grimpent toujours.

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À propos de l’auteur

C’est avec grand plaisir que s’est joint Édouard à l’équipe de l’Écho du Lac, en 2016. Originaire de Lac-Beauport, ce journaliste est passionné par les questions d’enjeux publics. Il détient un baccalauréat en affaires publiques et relations internationales, une formation en droit, économie et politique. Édouard a également obtenu un certificat en journalisme décerné par le Département d’information et de communication de l’Université Laval. Il écrit aussi pour l’Adsum, le journal bimensuel de la communauté militaire de la région de l’est du Québec.