Souvenirs de Pyeongchang

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Journaliste-pigiste, Marc Durand est une véritable encyclopédie sportive. Ce n’est pas pour rien qu’on fait appel à lui pour les évènements majeurs, tels les Jeux de Pyeongchang. D’ailleurs, c’est en direct d’Australie où il couvre les Jeux du Commonwealth qu’il nous accorde cette entrevue quelques minutes avant son jogging matinal. Quelle générosité! Pas pour rien qu’on l’aime ce grand gaillard de Stoneham!

Carole Roy // croy@ccapcable.com

Mine de rien, les Jeux de Pyeongchang étaient pour Marc Durand ses huitièmes en ligne. En effet, depuis 2004, les Jeux olympiques, il les a tous couverts pour la télévision de Radio-Canada. Son mandat cette année, présenter une histoire humaine par jour.
Bien qu’il faille être à l’aise avec l’improvisation, dépendamment des résultats du jour, du déroulement des Jeux pour les athlètes, Marc trouve toujours le meilleur angle pour ses reportages. La recherche, le détail, tout était là, dans chaque question, dans chaque image.

Alex Harvey, une histoire touchante
On ne débarque pas aux Jeux olympiques sans préparation. Marc Durand et son équipe se sont promenés d’un sujet à l’autre, mais il est évident qu’il faut suivre les sports de façon générale, les sports olympiques assez régulièrement, pour faire une bonne couverture.
Il faut aussi être bien renseigné sur les athlètes canadiens et québécois. D’ailleurs, au fil des ans, on développe de belles amitiés avec ces derniers ainsi qu’avec leurs proches. De fait, ce n’est pas sans émotion que le journaliste nous parle d’Alex Harvey.
«  Alex Harvey, évidemment c’est une grande histoire pour nous, nous souhaitions comme tout le monde qu’il atteigne son rêve d’avoir une médaille olympique! Nous étions là pour trois épreuves, ce que nous n’avons pas fait pour personne. On se souvenait de Sotchi, à Pyeongchang on lui souhaitait le meilleur. Malheureusement, à sa dernière course, il a terminé quatrième. J’étais là avec son père pendant pratiquement les deux semaines des Jeux et le voir aussi ému à la fin du 50 km, en sachant très bien que c’était terminé pour le rêve olympique d’Alex. C’était assez émouvant, ç’a été pour moi un évènement très marquant ». Bien entendu, Marc a fait son boulot, il a posé les bonnes questions, dures parfois, c’est ça le journalisme. Il n’est pas demeuré insensible devant ce père et ce fils en tête à tête, les yeux noyés de larmes. Parmi toutes ses photos, Marc apprécie particulièrement celle où l’on voit Alex seul, enveloppé d’un nuage de brouillard, quelques minutes avant l’entrevue qu’il allait lui accorder.

Kim, Laurie et Lindsey
On ne peut passer sous silence les performances de la Lac-Beauportoise Kim Lamarre et l’issue crève-cœur de ses qualifications. « Elle était déçue de ses Jeux en général, et il faut dire qu’il ventait beaucoup sur le site des sauts », fait remarquer Marc Durand. « Heureusement, elle est retombée rapidement sur ses pieds, et par la suite elle a profité pleinement des Jeux, et on l’a vue à de nombreux évènements. Elle n’a pas manqué un match de hockey, dont le match de hockey féminin où le Canada remportait une médaille d’argent. Kim fait partie de ces athlètes qui embrassent vraiment l’esprit de la fête. »
Heureuse rencontre qu’il a faite aussi avec sa concitoyenne Laurie Blouin, cette jeune planchiste qui nous avait tous ébranlés en chutant à l’entraînement et qui avait été évacuée du parc à neige sur une civière. Beaucoup plus de peur que de mal, ce n’était surtout pas une blessure à la joue qui l’empêcherait d’aller décrocher l’argent en finale!
Les imprévus et les improvisations étant au rendez-vous, Marc et son équipe ne se sont pas privés de faire un reportage sur Lindsey Van, membre de l’équipe américaine féminine de saut à ski, cette athlète qui a suscité beaucoup de controverse aux États-Unis en déclarant qu’elle ne voulait pas aller à la Maison-Blanche si elle gagnait une médaille d’or parce qu’elle ne respectait pas le gouvernement en place.

L’accueil des Coréens
La langue aura été une barrière pour tisser des liens avec les Coréens, même si tous les efforts étaient déployés pour faciliter le travail des journalistes. « Les communications n’étaient pas faciles, même si les bénévoles avaient appris quelques mots d’usage en anglais. On sentait que les gens faisaient de gros efforts pour essayer de nous comprendre, nous aider, il y avait une volonté de bien faire, et pour ça, on n’a que des félicitations à faire au comité organisateur », relate Marc Durand.

Amenez-en des Jeux!
Si l’on fait le récapitulatif des moments forts à Pyeongchang, il y a sans conteste les performances d’Alex, la médaille d’argent de Laurie, la résilience et la joie de vivre de Kim, la collégialité avec l’équipe de Radio-Canada, et les nuits… Des nuits très courtes… « Je me demande si j’ai dormi plus de quatre heures à la fois avec les apparitions à la télé qui étaient pour nous à 1 h 30 du matin, suivies des interventions radio à 4-5 h! Mais on trouve des trucs, on fait des power naps (siestes) en après-midi et on continue. Ç’a été des Jeux exténuants, mais encore une fois, je revivrais ça demain matin.
Souhaitons-lui d’être des prochains! Tokyo 2020, GO, Marc, GO!

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