Non-conformité de l’eau : sel de déglaçage et installations septiques ciblés

0

Alors que les Municipalités de Stoneham et Lac-Beauport contestent judiciairement le règlement sur la protection des sources d’eau potable de la CMQ, l’organisation dévoile une étude caractérisant la qualité de l’eau des puits privés de citoyens vivant à proximité des bassins versants des rivières Saint-Charles et Montmorency. 

En 2016, l’organisme a recueilli des données qu’elle qualifie de « préoccupantes, mais non alarmantes » sur la qualité de l’eau de 900 des 6800 puits privés de son territoire. De ce nombre, 384 et 122 échantillons proviennent respectivement des municipalités de Stoneham et de Lac-Beauport.

Pour 56 % des 900 puits, la CMQ observe la présence anormalement élevée de traces de sel. L’analyse menant à ce résultat se fonde cependant sur un seuil près de trois fois plus sensible que celui toléré par Santé Canada.

« Réduire l’épandage de sel sur les routes en hiver et créer des fossets de rétention » sont des solutions envisageables à ce problème, selon la CMQ.

Par ailleurs, pour les deux bassins versants étudiés, un échantillon prélevé sur cinq présente soit une contamination E. coli, soit une non-conformité aux coliformes totaux ou aux bactéries atypiques, et 5 % des 900 puits sont réputés contaminés par la bactérie E. coli.

François Proulx, directeur de la division de la qualité de l’eau pour la Ville de Québec, fait un rapprochement, « dans 73 % des cas », entre ces sources de contamination et la présence d’installations septiques autonomes.

François Morneau, coordonnateur du plan de protection des sources d’eau à la CMQ, a rappelé que le Règlement de contrôle intérimaire (RCI) préconisait, initialement dans certains secteurs, l’exigence d’un réseau d’égout au détriment des installations septiques autonomes.

M. Morneau a également indiqué « qu’en montagne, dans des secteurs récents, des propriétaires de maisons construites il y a à peine sept ans voient leur puit contaminé par une installation septique autonome à proximité ».

Prudence

Le rapport de la CMQ reste néanmoins prudent quant à l’incidence avérée des installations septiques autonomes sur la qualité de l’eau. Il y est stipulé que « d’autres études devront être réalisées pour vérifier cette hypothèse et documenter d’autres sources potentielles ».

La CMQ indique aussi que « d’autres données devront également être recueillies sur diverses sources de nutriments connues », comme « les stations d’épuration des eaux usées des municipalités de Stoneham-et-Tewkesbury et de Lac-Delage, les terrains de golf, les écuries ou petits élevages, etc., et ce, afin de bien documenter les sources de contamination potentielles ».

Régis Labeaume, maire de Québec, a promis de s’adresser au ministère des Transports afin de trouver des solutions et des alternatives au problème du sel de déglaçage. Les routes dites « blanches » de la municipalité de Lac-Delage, en période hivernale, sont régulièrement citées comme un exemple à suivre. Le maire de Québec a finalement rappelé qu’il fallait « s’attaquer aux fosses septiques ».

Partagez

À propos de l’auteur

C’est avec grand plaisir que s’est joint Édouard à l’équipe de l’Écho du Lac, en 2016. Originaire de Lac-Beauport, ce journaliste est passionné par les questions d’enjeux publics. Il détient un baccalauréat en affaires publiques et relations internationales, une formation en droit, économie et politique. Édouard a également obtenu un certificat en journalisme décerné par le Département d’information et de communication de l’Université Laval. Il écrit aussi pour l’Adsum, le journal bimensuel de la communauté militaire de la région de l’est du Québec.