Le roi de la rivière reprend tranquillement sa place

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La Corporation du bassin de la Jacques-Cartier (CBJC) a publié les statistiques 2017 de montaison de saumon atlantique dans la rivière Jacques-Cartier. Sans être records, elles constituent un soulagement après deux années d’incertitude. Une excellente nouvelle pour ce joyau d’eau douce qui avait disparu de la vallée et qui est en train de reprendre la place qui lui est due. Le résultat d’immenses efforts et l’histoire peu commune d’une lutte pour redonner son plus beau joyau à la Jacques-Cartier.

Des statistiques encourageantes
Le chiffre vous avait peut-être échappé, mais selon la CBJC, 392 saumons atlantiques sont remontés pour frayer dans la rivière Jacques-Cartier en 2017. Et c’est une bonne nouvelle, comme le commentait Michaël Leblanc, le directeur des projets de l’organisme : « Ce n’est pas une année record (en 2014 où on a eu 600 remontées). Mais on est vraiment content. Ça correspond aux chiffres qu’on attendait. C’est une confirmation que tout se passe bien. ». Car un danger planait à nouveau sur les saumons de la vallée suite à la destruction du barrage de Cap-Santé/Donnacona en 2014. Ce site, infranchissable pour le salmonidé, était celui où la CBJC prélevait les saumons avant de les transporter plus en amont, leur permettant d’atteindre leurs lieux de reproduction. La passe à poissons inutilisable, l’organisme s’est réorganisé pour assurer la continuité de la montaison. « Il a fallu s’adapter. On a installé une autre passe à Cap-Rouge », explique M. Leblanc. Puis, profitant de la reconstruction de Donnacona en 2016, une nouvelle cage automatisée a été installée. Les bons chiffres de 2017 confirment donc l’efficacité du travail effectué.

L’histoire d’une disparition et d’une renaissance
Salmo Salar abondait dans la rivière Jacques-Cartier jusqu’au début du 20e siècle et était même pêché pour le commerce ou le sport. Mais, la construction des différents barrages et l’intense activité de drave ont eu raison du plus emblématique des poissons anadromes du Québec, qui avait complètement disparu de la vallée au début des années 1970. « C’est en 1979 que la corporation a été créée, spécifiquement pour réintroduire le saumon atlantique », explique M. Leblanc. Depuis, un manège se met en branle tous les printemps : l’organisme recueille les saumons bloqués en bas du barrage et les transporte précautionneusement en camion, pour les relâcher plus en amont dans la vallée. Il est d’ailleurs possible d’assister à leur relâcher, dans le Parc de la Jacques-Cartier notamment. À noter que le saumon atlantique est le seul des saumons à survivre après la reproduction et peut donc effectuer plusieurs voyages entre sa rivière et la mer.

Lutter pour préserver le joyau de la rivière
Cette action de préservation n’est pas la seule mise en place. La CBJC travaille avec 12 écoles auxquelles elle fournit des œufs de saumon à faire éclore en classe, dans un incubateur. Les élèves relâchent ensuite leurs saumoneaux dans la Jacques-Cartier, espérant les voir revenir. Un excellent moyen de sensibiliser les jeunes générations à la valeur du saumon atlantique de la Jacques-Cartier.

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