La mienne s’appelle Manon

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Une « je-suis-à-boutte-itte » de ce calibre a besoin d’une vraie intervention

Un marathon de travail épuisant, des weekends remplis où le temps de souffler n’apparait pas au programme, des enfants dont l’horaire est si chargé que celui de Justin Trudeau a l’air bien vide à s’y comparer. Des repas à la va-vite, un lavage de blanc qu’on n’a pas eu le temps de faire alors qu’on a justement besoin de notre blouse blanche ce matin et que rien d’autre ne nous contentera, un frigidaire qui crie famine et de la vaisselle qui, on le jurerait, s’autogénère dans l’évier.

La grogne s’installe. La patience nous fuit. En plus, la soirée des élections a forcé le retrait, à l’horaire, de L’Auberge du chien noir ! Rien ne va plus, il faut une intervention. Dans une situation comme celle-ci, une « je-suis-à-boutte-itte » de ce calibre, on a besoin d’une vraie intervention. C’est là où notre super-héroïne (ou super-héros, selon le cas) entre en jeu.

La mienne s’appelle Manon. Je ne connais pas son nom de famille, je ne sais pas pour qui elle a voté ni quels sont ses mets préférés. Ce que je sais de Manon c’est qu’elle est calme, douce, assurée, qu’elle inspire confiance et qu’elle dégage une maitrise de son art, un tout qui me fait un bien immense dès que j’arrive près d’elle. Elle a des gestes assurés, précis, en douceur, mais d’une grande efficacité. Elle travaille vite et bien, mais on n’a jamais l’impression qu’elle est serrée dans le temps et toujours le feeling d’être sa plus importante cliente. Pas de placotage incessant pour meubler l’air, juste une belle communication sur un rythme naturel et de beaux silences pas inconfortables du tout. Sa bulle m’enveloppe dès mon arrivée et je sais que je n’ai plus à m’inquiéter de rien, qu’elle me prend en charge et que dans un petit moment, je repartirai toute requinquée, pleine d’une nouvelle énergie et d’une confiance en moi renouvelée. Grâce à Manon, j’affronterai la vie avec la tête plus haute. Votre Manon à vous aussi vous fait le même effet, j’en suis certaine.

Elle dit qu’elle pratique ce métier depuis 32 ans; je ne la crois pas, parce qu’elle a l’air d’avoir maximum 42. Elle dit aussi que c’est sa deuxième carrière après avoir été secrétaire. Merci, mon Dieu, elle n’a pas aimé ça et a suivi sa passion pour nous servir. Aujourd’hui, Manon a enlevé des années à mon allure, à redonné de la vie à mon pas, rafraichit mon esprit et en moins d’une heure, m’a reposée autant qu’une vraie nuit de sommeil. Manon, c’est ma coiffeuse, mon coup de cœur, une femme extraordinaire, celle qui connait mes cheveux, mes maudites rosettes, mes rondeurs de visage et ma difficulté à me lever à temps pour me coiffer. Elle s’arrange pour que je sois belle, bien dans ma peau, même dans les semaines qui suivent ma visite. Et elle réussit. Manon est une magicienne. Elle fait ses prestations au Darbourg du Carrefour Charlesbourg, au cas où votre Manon à vous aurait perdu de sa magie…

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À propos de l’auteur

Mi-quarantaine, diplômée de l’Université Laval en communications et relations publiques il y a un ou deux siècles (on utilisait des dactylos pour taper nos travaux!), mariée et en amour depuis 20 ans, mère de deux ados capables d’être aussi adorables que désagréables (c’est dire à quel point ils peuvent être adorables), j’ai toujours été une passionnée des mots et, depuis un an, vole de mes propres ailes avec ma petite entreprise de communications, rédaction et traduction. J’ai le privilège de pouvoir partager avec les lecteurs et lectrices de l’Écho du Lac, chaque mois, une tranche de ma vie ou une de mes montées d’humeur…ou d’hormones. N’hésitez pas à entrer en contact avec moi si mes billets vous interpellent.