Fiston jouait de la trompette

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Et c’est pour cette raison qu’on a un cellier dans notre chambre à coucher

S’il est vrai que les murs ont des oreilles, les nôtres doivent se les boucher de temps en temps. Encore heureux, ils ont échappé, pour cause de déménagement, aux années de flûte à bec de nos enfants.

Lors de la planification de notre mariage, il y a des siècles, François et moi n’avons eu aucun problème à choisir les bagues, la robe, le menu, les faire-part, le gâteau (LE gâteau ! ! !), les prières, les chants, les fleurs, le photographe, le DJ, le lieu… Tout avait été facile et rapide. Par contre, quand est venu le temps de choisir la chanson pour notre première danse, on en a arraché, allant des Stones à Julien Clerc, en passant par Simon & Garfunkel et Bécaud. On a finalement arrêté notre choix sur « What a wonderful world » de Louis Armstrong, pour la beauté des paroles, et le doux tempo. Nous avions acheté un de ses albums pour nous pratiquer et il y avait, dessus, bien d’autres pièces que nous n’avons découvertes que plus tard. Avec les années, nous avons découvert le trompettiste extraordinaire qu’il était et avons ajouté ce talent-là à nos raisons de l’aimer. Pour toujours, il nous rappellera un des plus beaux jours de notre vie.

Alors quand fiston, à sa première année de secondaire, a eu à choisir un instrument pour l’harmonie scolaire et qu’il est revenu à la maison avec une trompette, inutile de vous dire à quel point nous étions emballés. En plus, il porte le prénom de Louis; il n’en fallait pas plus pour que nous le voyions déjà sur les grandes scènes !

Nous avons déchanté assez vite. La trompette, quand on ne sait pas encore en jouer, ça devient vite agressant pour les oreilles. On était loin du Grand Théâtre ! Mais bon, avec la pratique, on peut vraiment tout réussir et fiston n’a pas échappé à la règle. À force de pratiques assidues et d’autres moins assidues, à force de répéter la gamme et les notes de la chanson de Frozen qui était au programme cette année-là, à force de se tromper, de recommencer et de finir par l’avoir, il nous a remplis de fierté, tant au concert de Noël qu’à celui de fin d’année. Notre Louis-Félix était rendu vraiment bon et mes grands rêves revenaient m’habiter. Après un été sans musique, je lui demande, en août, s’il allait se rappeler comment jouer de la trompette, et c’est là qu’il m’a annoncé qu’il souhaitait changer d’instrument, explorer de nouveaux horizons comme il dit.

Le soir de la distribution des instruments, on a dû aller le chercher à l’école. On a vu tous les jeunes sortir avec des petites et de moyennes valises d’instrument. Certaines minuscules, et d’autres, un peu plus grosses que le format trompette qu’on connaissait déjà. Je me demandais ce que mon fils avait choisi quand il est arrivé dans la porte, en poussant de peine et de misère un immense étui, format réfrigérateur, derrière lequel on ne voyait dépasser que ses cheveux. Cet étui logeait un…TUBA ! Cette chose est immense, fait un bruit de tonnerre, fait shaker les murs à chaque pratique et prend toute la place au sous-sol. C’est pour ça qu’on a un cellier dans notre chambre à coucher !

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À propos de l’auteur

Mi-quarantaine, diplômée de l'Université Laval en communications et relations publiques il y a un ou deux siècles (on utilisait des dactylos pour taper nos travaux!), mariée et en amour depuis 20 ans, mère de deux ados capables d'être aussi adorables que désagréables (c'est dire à quel point ils peuvent être adorables), j'ai toujours été une passionnée des mots et, depuis un an, vole de mes propres ailes avec ma petite entreprise de communications, rédaction et traduction. J'ai le privilège de pouvoir partager avec les lecteurs et lectrices de l'Écho du Lac, chaque mois, une tranche de ma vie ou une de mes montées d'humeur...ou d'hormones. N'hésitez pas à entrer en contact avec moi si mes billets vous interpellent.