Des citoyens inquiets

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Conseil municipal de Lac-Beauport

Septembre et octobre ont été marqués par l’inquiétude et l’incertitude au conseil municipal de Lac-Beauport. C’est principalement le Règlement de contrôle intérimaire (RCI) qui cause des maux de tête aux résidents de la Municipalité.

On se sent esseulé, pris à la gorge », affirme une citoyenne par rapport au RCI. « C’est comme si on avait une épée de Damoclès au-dessus de nous. On prend des décisions rapides avec lesquelles on n’a pas trop le choix », ajoute-t-elle. D’ailleurs il n’y a pas que les citoyens qui se sentent coincés par le RCI. « Avec le RCI qui nous pousse dans le cul, on prend des décisions rapides et on doit pousser notre administration publique à faire les choses rapidement », avoue le conseiller François-Bernard Saillant.

En ce qui concerne les procédures judiciaires, elles sont toujours en cours et les avocats de la Municipalité ont une date prévue pour janvier ou février pour débattre de la situation en cour. M. Saillant a aussi rappelé à la  mairesse qu’à partir du 20 octobre plusieurs citoyens ne pourraient plus construire sur leur terrain à cause de ce Règlement. « C’est une centaine de personnes qui vont perdre leur patrimoine! », souligne-t-il. La mairesse, Louise Brunet, n’a toutefois pas été rassurante. « C’est une position diffi cile, je suis entre l’arbre et l’écorce », a-t-elle offert comme réponse. L’ancien maire de la Municipalité, Michel Beaulieu, a profi té de l’occasion pour la confronter. « Vous êtes pour ou contre le RCI? Ce n’est pas compliqué! », s’est-il exclamé. Sur cette question, Mme Brunet a été un peu plus claire sur sa position. « Je suis contre les poursuites et pour le RCI avec des modifi cations raisonnables pour satisfaire les citoyens et l’environnement », précise-t-elle. Dans l’espoir de rassurer ses citoyens, Mme Brunet a fait savoir que le maire de la Ville de Québec, Régis Labeaume, devrait faire une annonce la semaine prochaine qui leur plaira, mais sans offrir de détails.

Un résident n’a toutefois pas été convaincu par les propos de la mairesse. Il est venu la questionner sur les impacts du RCI sur la Municipalité, mais aussi sur les actions posées pour le contrer. Les réponses n’étaient cependant pas suffi santes. « Vous nous avez trahis! », s’est-il exclamé. « Que peut-on faire pour sortir la mairesse?

Surtout quand vous posez des gestes qui vont à l’encontre du bien de la Municipalité et des citoyens », s’est-il pressé d’ajouter. La mairesse est restée de marbre devant ces accusations, préférant ne pas répondre et se renseigner sur la marche à suivre.

SENTIERS DU MOULIN
L’absence de la conseillère responsable de l’urbanisme, Sylvie Chartier, a bousculé l’ordre du jour. Cela repousse ainsi les questions touchant, entre autres, la modifi cation du zonage et des usages et normes d’aménagement du secteur des Sentiers du Moulin à une séance extraordinaire, le 17 octobre prochain. Ce changement de plan permet aussi aux conseillers de discuter de la suite des événements puisque la Municipalité a reçu une pétition réclamant un référendum pour les résidents de la zone touchée. « Cela représente environ une centaine de citoyens », explique le directeur général, Richard Labrecque. M. Saillant était découragé devant cette démarche citoyenne. Il souligne cependant que la solution est d’informer plus les citoyens sur le dossier. Ces affi rmations n’ont vraisemblablement pas plu à un citoyen dans la salle. « Ce n’est pas quand on demande un référendum qu’on est contre le projet. On veut juste que les gens concernés puissent donner leur avis », explique-t-il. « C’est beau comme projet, mais on ne veut pas signer un chèque en blanc », précise l’homme. Devant cette situation, Alexandre Lemerise, directeur du développement du projet, a pris la parole pour désamorcer la situation. « On ne veut pas un chèque en blanc. Notre but n’est pas de construire quelque chose de gros », précise-t-il. Guy Gilbert est venu l’appuyer pour rassurer la population. « Rien ne va être fait à l’aveugle ou en sauvage dans ce projet-là », souligne M. Gilbert. En effet, les futurs bâtiments doivent avant tout être approuvés par le comité consultatif d’urbanisme. En guise de solution, M. Lemerise a suggéré la tenue d’une nouvelle séance publique d’information dans le but d’offrir le plus d’information à la population. L’idée a été accueillie avec bonheur par le conseil.

IN MEMORIAM
Les conseillers ont annoncé une belle surprise pendant la séance du conseil municipal. En effet, le parc de la zone communautaire portera maintenant le nom de Parc Carrier-Chamberland en l’honneur de cette famille décédée en janvier dernier au Burkina Faso. « Nous faisons des démarches auprès des gouvernements provincial et fédéral pour qu’une plaque commémorative soit installée », affi rme François-Bernard Saillant. Cette nouvelle a été accueillie par un lot d’applaudissements.

SEPTEMBRE
De son côté, la séance précédente, le 12 septembre dernier, était tranquille. Les conseillers ont adopté les règlements d’urbanisme touchant le projet d’aménagement des Sentiers du Moulin. Ces derniers visent à modifi er les normes pour encadrer les plans d’aménagement. « On resserre les normes », précise le conseiller Andy Groskaufmanis. Les règlements ont cependant été adoptés tels que présentés originalement, faisant ainsi fi des commentaires émis lors de l’assemblée publique de consultation. Une résidente a d’ailleurs manifesté son inquiétude face à cette situation. La mairesse a expliqué que cette décision a été prise afi n de faciliter le projet surtout avec le RCI approchant à grands pas. « Les commentaires seront considérés lors de la prochaine plénière du conseil », ajoute la mairesse.

Une nouvelle subvention pourrait alléger le fardeau de certains citoyens. Provenant du Fonds pour l’eau potable et le traitement des eaux usées (FEPTEU), celle-ci pourrait donner un bon coup de pouce au projet de raccordement au réseau d’égout et à l’aqueduc des phases 2,3 et 4 du Mont-Cervin. « On a eu une confirmation que nos demandes sont arrivées. Je peux vous dire que ça va très bien », affi rme confiant le conseiller responsable des travaux publics, Even Mc Hugh. Cette subvention serait valide à compter de 2017 et représenterait une somme entre 25 000 $ et 30 000 $ par maison.

 

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À propos de l’auteur

Mélissa a complété un baccalauréat et une maîtrise en communication publique avec une spécialité en journalisme à l’Université Laval. Dynamique et souriante elle s’intéresse à tout. Elle aime voyager et elle se passionne pour la cuisine.