Déjà 25 ans à soutenir la jeunesse

0

Parfois méconnue, la mission d’aide des travailleurs de rue auprès des jeunes des municipalités de la couronne nord de Québec n’en demeure pas moins importante. L’Écho du Lac s’est entretenu à ce sujet avec Tommy Gamache, responsable clinique du regroupement action prévention jeunesse (R.A.P.) pour le secteur incluant Lac-Beauport et Stoneham.

Le R.A.P. est un organisme communautaire qui vient en aide aux jeunes de 12 à 25 ans et à leur entourage. Par la pratique du travail de rue, son équipe est présente dans les milieux de vie des gens (parcs, écoles, appartements, commerces) et offre accueil et soutien à ceux qui sont dans le besoin.
«En tant que travailleur de rue, il faut parfois savoir déconstruire ce qu’on a appris. La rue peut nous amener dans des situations où nous sommes confrontés à des comportements condamnables. […] Il faut demeurer ouvert d’esprit et ne pas juger la personne vivant des difficultés», relate M. Gamache, travailleur de rue cumulant plus de 20 années d’expérience dans le domaine. Avec son équipe de 5 personnes, le R.A.P. Jeunesse peut effectuer annuellement pas moins de 1 800 accompagnements individuels.
Assigné à la couverture du territoire de Lac-Beauport et de Stoneham pendant plusieurs années, M. Gamache confirme que l’on y retrouve sensiblement « les mêmes problématiques que dans les autres milieux». Il donne comme exemple «les ruptures difficiles des jeunes à l’adolescence», ainsi que «les dépendances aux drogues et à l’alcool» comme des enjeux récurrents, et ce, «indépendamment des milieux».
Les travailleurs de rue du R.A.P. peuvent provenir de plusieurs horizons. Certains ont des formations d’intervenant en délinquance ou en travail social. «Nous sommes tout le temps en formation continue et en perfectionnement de nos compétences », détaille Tommy Gamache. «Il faut avoir une aisance à aller vers les gens et être capable de travailler dans le cadre d’un environnement et d’un horaire de travail atypiques», ajoute-t-il.

Construire la confiance
Les travailleurs de rue vont à la rencontre des personnes marginalisées, ils créent des liens, écoutent, accueillent, accompagnent et les réfèrent vers des ressources, sur une base volontaire. « Il y a tout un processus pour construire un lien de confiance avec notre clientèle», relate Tommy Gamache. Celui-ci indique que cette confiance peut se bâtir grâce au respect d’un sceau de confidentialité entre l’intervenant et le jeune. Les travailleurs de rue adhèrent aussi au code d’éthique de l’ATTRueQ (Association des travailleurs et travailleuses du Québec).

Sur le terrain
Pendant sept années, R.A.P. Jeunesse a été porteur d’un projet de randonnée en vélo qui consistait en un périple sur roues, d’une durée de 4 à 5 jours, ponctué d’activités diverses ayant pour but de faire bouger les jeunes et de leur faire connaître les activités offertes par les régions voisines de la région de la Capitale nationale. L’équipe des travailleurs de rue utilise également un motorisé de la Société de Saint-Vincent-de-Paul de Québec, La Bohème, à raison d’une fois par semaine, afin d’aller à la rencontre de sa clientèle.

Partagez

À propos de l’auteur

C’est avec grand plaisir que s’est joint Édouard à l’équipe de l’Écho du Lac, en 2016. Originaire de Lac-Beauport, ce journaliste est passionné par les questions d’enjeux publics. Il détient un baccalauréat en affaires publiques et relations internationales, une formation en droit, économie et politique. Édouard a également obtenu un certificat en journalisme décerné par le Département d’information et de communication de l’Université Laval. Il écrit aussi pour l’Adsum, le journal bimensuel de la communauté militaire de la région de l’est du Québec.