Christophe, l’enfant qui rêvait…

0

Depuis que Marc-André Perron enseigne à Montagnac, il a su insuffler aux élèves le gout du théâtre chez bon nombre d’entre eux, ou à tout le moins allumer cette étincelle qui peut-être un jour deviendra feu d’artifice. Mars et avril auront vu tour à tour deux productions de ce prolifique enseignant-auteur-metteur en scène. Ode au maître et aux jeunes acteurs!

Carole Roy // croy@ccapcable.com

Lui qui a fait partie d’une troupe pendant de nombreuses années, quand on lui parle de théâtre, il s’enflamme ! Une passion qu’il entretiendra toujours en parallèle à l’enseignement. Un amour qu’il transmet d’ailleurs à ses jeunes élèves et même à ceux du secondaire avec des textes de son cru. À ce jour, 15 pièces à son actif et une 16e qui est en train de prendre forme dans sa tête et dont l’écriture devrait se faire au courant de l’été. En transmettant son savoir, il avoue apprendre aussi énormément de ces jeunes comédiens. Puisque le théâtre est offert en parascolaire, M. Marc-André les observe dans un autre contexte que celui de la classe et il constate à quel point ils sont capables de dépassement. Ils sont là par intérêt pour cet art de la scène, ils sont là aussi parce que par le passé ils ont vu leurs amis, leurs frères, leurs sœurs, le faire avant eux. Ainsi fut présenté, le 28 mars dernier à l’école Les Sentiers, le fruit de longs mois de travail avec les élèves de 6e année des deux bâtiments de Montagnac.

Christophe, l’enfant qui rêvait…
Sur le programme de la soirée, nous retrouvions ce mot de l’auteur…
«-J’ai écrit le texte avec en tête une citation bien claire, « On ne voit bien qu’avec le cœur, l’essentiel est invisible pour les yeux ». C’est la phrase directrice de la production et c’est celle qui est mise de l’avant tout au long de la pièce.-
Christophe, l’enfant qui rêvait… c’est l’histoire d’un jeune orphelin aveugle recueilli par tante Madeleine. On le tiendra à l’abri des regards dans le grenier du théâtre que cette tante maintient à bout de bras. Rapidement, sa présence fera croire à un fantôme, un esprit, un spectre. À l’insu de tous, quelques artisans iront à l’encontre des directives de la directrice du théâtre et oseront monter à l’étage afin d’élucider ce mystère. Ils y trouveront un enfant différent qui ne souhaite que voyager par les rires de ceux qui s’amusent en bas, qu’à exister à leur contact. Emballés, ceux qui voudront mettre les projecteurs sur Christophe ne feront pas l’unanimité. Le cirque bat de l’aile…et si Christophe était la clé pour le sauver?

La fierté se conjugue au pluriel
En effet, c’est unanime, metteur en scène, élèves, chorégraphe, maquilleurs, coiffeurs, bénévoles et parents affichaient tous un grand sourire de fierté. Les étoiles étaient descendues du ciel pour briller dans les yeux des acteurs et des spectateurs.
« Les jeunes étaient solides, le texte était clair, on comprenait le sens », relate avec enthousiasme l’enseignant au lendemain des représentations. En journée, la pièce avait été présentée devant les élèves de 5e et 6e année. Certes, ils ne saisissent pas toute la portée du texte, mais pour certains c’est révélateur d’une passion qui ne demande qu’à s’exprimer. En soirée devant les parents, on avait là une tout autre dynamique. Le jour, on est dans le visuel, le soir aussi, mais s’ajoutent à cela l’auditif, le ressenti… On voit d’ailleurs que les rires arrivent là où l’auteur les avait réfléchis. « Les élèves nuancent leur jeu en fonction des réactions dans la salle, ils s’ajustent naturellement aux réactions du public, les applaudissements, ça crée toute une énergie, tout prend son sens », poursuit Marc-André. « En après-midi ils sont happés, car leurs amis les félicitent, mais le soir ils le sont doublement par la vague, les réactions, le regard, la reconnaissance et la fierté que leur témoignent leurs parents. Les élèves étaient très fiers, le non-verbal était très parlant après la soirée; ils étaient émus d’avoir réalisé ce défi. » En effet, tout un défi pour les jeunes que d’apprendre les textes et les chorégraphies et chaque fois s’en sortir à merveille.
Parlant de chorégraphie, Marc-André en signe une autre que ses élèves de 5e ont présentée le 4 avril dernier. « La fuite » qui traite de l’intimidation sera aussi présentée par les élèves du secondaire les 10, 12 et 13 avril à l’Agora de l’école des Sentiers.
« À Montagnac, le théâtre développe un sentiment d’appartenance au même titre que les équipes sportives. On demande aux artistes de scène le même engagement qu’aux sportifs. J’aime bien dire à ma direction qu’à Montagnac c’est un fait il y a du sport, mais il peut s’écrire de deux façons : SPORT et SPART, j’y crois vraiment », soutient Marc-André ! « Je suis heureux de faire rayonner les arts de cette manière et par la réaction des élèves ont voit que ça a sa raison d’être dans notre milieu. »

Partagez

À propos de l’auteur