Ça aura pris un petit mois

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Un mois.  Ça aura pris un mois. Quatre semaines. 30 jours. 723 heures. C’est ce que ça aura pris, mais le dressage est terminé et bien terminé. Quand même…Je trouve que ça a été plutôt bien.

Oui, un mois. Un mois et 28 rouleaux d’essuie-tout plus tard. Un mois et 184 $ de jouets à ronger, mordre, détruire de l’animalerie plus tard. Un mois et une clinique pour chiots offerte par le vétérinaire plus tard. Un mois et 1740 fois le mot « non » fermement exprimé plus tard. Un mois et 131 traces blanches de pipi sur nos planchers de bois franc plus tard. Un mois et 3 paires de souliers orphelins, 9 bas orphelins, 3 cotons ouatés dénudés de leurs cordons et 1 coussin de divan plus tard; un mois et 30 nuits entrecoupées de nettoyage et de sorties extérieures effrénées, le dressage de notre chiot est enfin bel et bien terminé.

Finalement, tout ce que ça demandait, c’était de la constance, de la patience, des gâteries, du renforcement positif, de la répétition, de la course vers la porte au moindre accroupissement, un surplancher de « pipi pads », des verres, bocaux, couvercles, vieux ustensiles, toutous et boîtiers de pilules sacrifiés, une entente familiale sur les mots à dire, les gestes à faire, les étapes à franchir. De l’amour, de l’amour et encore de l’amour. Des kilomètres de marche à sentir tous les coins d’entrée, toutes les roues de voiture, la moindre brindille, le plus minuscule caillou, à boire à toutes les flaques d’eau, à creuser et ronger les restes de neige, à s’exciter de trouver une cocotte intacte, à séduire tous les passants avec un regard irrésistible et à apprendre à marcher au bon rythme.

Après un mois (était-ce plutôt un an ?), notre beau, adorable et adoré Duke a terminé le dressage et tout va pour le mieux. Oui, maintenant, à la moindre poussée de sa part, mon mari et moi lui dégageons de l’espace dans le lit entre nous; au moindre couinement, l’un de nous est parti dehors jouer avec lui. Au moindre pipi trouvé sur le plancher, l’un de nous se garroche, armé d’un essuie-tout d’une main et d’une lingette désinfectante de l’autre, pour nettoyer le tout. Au moindre mordillement, on fait magiquement apparaître un jouet; aux moindres yeux doux, on l’inonde de caresses et de bisous; à la moindre petite tête penchée : hop ! on le prend sur nous. Lors des marches, des promenades, des sorties, on court derrière lui en retenant tant bien que mal la laisse. En fait, la seule étape de dressage que le chien n’a pas terminée avec nous, c’est de se faire donner de la nourriture de table. De nous forcer à partager avec lui nos repas. Mais à voir son acharnement à la tâche, honnêtement, ça ne devrait pas tarder; il est clair que l’un de nous va flancher et Duke aura alors terminé notre dressage !

Comme quoi il ne faut pas désespérer. Passez le mot à vos chiens !

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À propos de l’auteur

Mi-quarantaine, diplômée de l'Université Laval en communications et relations publiques il y a un ou deux siècles (on utilisait des dactylos pour taper nos travaux!), mariée et en amour depuis 20 ans, mère de deux ados capables d'être aussi adorables que désagréables (c'est dire à quel point ils peuvent être adorables), j'ai toujours été une passionnée des mots et, depuis un an, vole de mes propres ailes avec ma petite entreprise de communications, rédaction et traduction. J'ai le privilège de pouvoir partager avec les lecteurs et lectrices de l'Écho du Lac, chaque mois, une tranche de ma vie ou une de mes montées d'humeur...ou d'hormones. N'hésitez pas à entrer en contact avec moi si mes billets vous interpellent.